Les cinq styles, expliqués

On entend « c'est de la drill », « c'est du boom bap » — et on hoche la tête sans savoir. Voici de quoi les reconnaître pour de bon, en partant de ce qui s'entend et pas de la théorie.

Boom bap — la batterie qui claque

Le plus ancien des cinq. Né à New York à la fin des années 1980, il tire son nom du bruit qu'il fait : boom pour la grosse caisse, bap pour la caisse claire. On le reconnaît à sa batterie sèche et en avant, souvent construite à partir d'un disque de soul ou de jazz échantillonné.

Trap — les charlestons qui roulent

Venu d'Atlanta au début des années 2000. Sa signature, c'est le hi-hat qui se subdivise en rafales — ce crépitement rapide qu'on entend par-dessus tout le reste — et une 808 qui glisse d'une note à l'autre au lieu de rester en place.

Drill — la même famille, plus sombre

Née à Chicago vers 2012, passée par Londres qui lui a donné son visage actuel. La drill est la cousine tendue de la trap : mêmes ingrédients, atmosphère plus froide, mélodies rares et souvent inquiétantes.

Lofi — l'imperfection assumée

Lofi veut dire « basse fidélité ». Tout ce qu'un ingénieur du son passe sa vie à enlever — le souffle, le craquement de vinyle, les aigus émoussés — est ici gardé exprès. Le résultat est chaud, un peu flou, et c'est le but.

Phonk — le vieux Memphis remis à neuf

Le phonk recycle les cassettes de rap de Memphis des années 1990 : voix ralenties, cloche métallique (la fameuse cowbell), saturation. Une esthétique de bande usée, devenue énorme sur les réseaux.

Et après ?

Le style n'est qu'une porte d'entrée. Ce qui décide vraiment, c'est le tempo par rapport à votre débit — voir choisir le bon BPM — et la façon dont l'instrumentale laisse de la place à la voix, ce qu'explique la fabrication d'un beat.

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